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LA MOTIVATION

Les différentes raisons ou motivations qui ont amené des hommes et des femmes à se faire encrer de manière définitive des signes sur la peau sont nombreuses, complexes et dépendent du contexte culturel

Par hypothèse, le tatouage a d'abord constitué, pour les hommes de l'ère préhistorique, un lien concret et inaltérable avec les puissances extérieures. A priori, ce lien l'aidait à affronter les multiples dangers qu'il rencontrait... Ce type de rapport, “tatouage-protection”, a toujours existé et se retrouve de nos jours dans de nombreuses populations qui souhaitent ainsi se préserver des fléaux tels que la maladie, la mort, et tout élément de l'adversité. Par extension, certains signes, associés à un emplacement particulier du corps, ont un pouvoir préventif, voire thérapeutique : par exemple, les tatouages aux articulations pour les arthroses...

Par tradition ancestrale, ou par rituel de groupe social ou de corporation professionnelle, les signes sur la peau désignent un clan, une tribu : leur réalisation devient un rite d'initiation ou d'intégration. C'est le passage d'un état à un autre, une étape de la vie. Le tatouage tribal est, à l'origine, imposé dès l'enfance ou l'adolescence, et permet à l'individu d'être admis dans la société ou dans un groupe particulier. Le refus de sacrifier à ce rituel met d'ailleurs souvent ce même individu au ban de la société qui impose ces signes.

“Il fallait être peint pour être homme, [...] celui qui restait à l'état de nature ne se distinguait pas de la brute.”
[Claude Levi-Strauss, lu dans “Le vêtement incarné”, de France Borel]


Plus près de nous, le sens s'inverse : le tatouage devient une manifestation antisociale, un moyen de montrer sa différence. C'est un défi social : les tatoués se marginalisent volontairement par leurs tatouages... A noter cependant qu'une époque, révolue semble-t-il, usait de la pratique du tatouage comme moyen de marquer, contre leur volonté, ses bannis : les fugitifs repris étaient ainsi marqués, les prostituées portaient les signes de propriété de leur souteneur...

La symbolique du tatouage est aujourd'hui très présente dans les sociétés occidentales : on se fait tatouer pour conserver un souvenir, rendre un hommage, jurer un sentiment amoureux, signifier une connotation érotique, représenter un état d'âme, une pensée, un mode de vie...

Enfin, la motivation esthétique, liée ou non à un phénomène de mode, a nettement contribué à l'essor du tatouage tel qu'on le connaît aujourd'hui : plus de 1000 échoppes professionnelles en France, créées en l'espace d'un petit demi-siècle ! Le dessin sur la peau devient ornement, bijou, parure, masque,... Seul le rendu visuel compte :
"Le tatouage est maintenant suffisamment évolué et sophistiqué pour être simplement beau."


Sa valeur tient parfois à la douleur liée à son accomplissement, ainsi qu'à son caractère immuable, ou à l'artiste qui a exécuté l'oeuvre, en fonction de son expérience et de sa notoriété...
Il existe donc des différences d'expression fondamentales, mais des similitudes existent également entre les représentations choisies par des populations éloignées culturellement, géographiquement et historiquement. Le tatouage est en ce sens universel...
Exit la manifestation antisociale ou l'appartenance à un groupe... On se marque pour se démarquer, s'individualiser et se parer :
“Mais, pirouette de l'histoire en forme de retour aux sources, l'appropriation de ces différentes cultures - pour n'en fonder plus qu'une, celle du tatouage -, loin d'isoler l'individu le rattache à un nouveau groupe... celui des tatoués.”
[Edito Tatouage Magazine n°14]

Enfin... la symbolique a nettement laissé place à un art véritablement à part entière, domaine où les “styles” traditionnels autant que nouveaux attirent de nouveaux adeptes du tatouage.

"le tatouage c'est surtout de l'art, brut, vivant, dangereux et puissant."

# Posté le samedi 04 mars 2006 14:09

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